Soenn Drazhkarak

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Soenn Drazhkarak

Message par Gaby'elle le Mar 13 Déc - 14:15

Soenn Drazhkarak

Race : Naine
Religion : Maphr
Âge : 152 ans
Alignement : L'amour de l'or!!










Soenn est une jeune femme digne de son peuple. Elle est de taille légèrement supérieure aux autres naines, des épaules fines mais solides, des jambes bien campées sur ses appuies et des mains faites pour façonner la matière.
Malgré tout, elle conserve une élégance et une grâce toute féminine qui lui confère un certain charme qui ne laisse pas toujours indifférent... Enfin pour qui aime les femmes de ce peuple. Tout ceci souligné par un joli regard ambré où l'expérience et l'espièglerie scintillent au fond de ses iris.
Les traits de son visage sont assez fins possédant un petit nez légèrement retroussé et des lèvres gracieusement dessinées où une fossette marque l'aspect taquin de sa personnalité.
Cette beauté enfantine et à la fois adulte est relevée par une longue chevelure prune qui lui donne un air agréable et qui une fois attachée en de  longues couettes passant de chaque côté de son visage lui redonne l'aspect de l'innocence des premiers âges.
Elle porte régulièrement une armure lourde aux reflets charbonneux pratique pour ses activités professionnelles mais il est aussi possible de la voir revêtue de belles robes lorsque l'occasion se présente.
Très souvent, on peut la voir accompagnée de diverses créatures dont elle apprécie la docilité savourant de les domestiquer d'une poigne de fer dans un gant de crin.






Elle est de caractère relativement joviale et agréable, aime faire la fête et plus que tout a un amour immodéré pour l'or.
Il n'est pas rare de la voir sourire, rire ou même faire des traits d'humour au dépend de ceux qui l'écoutent bien souvent mais toujours avec suffisamment de subtilité et de diplomatie pour que cela passe en douceur... Ou pas!
Elle semble très souvent, pour ceux qui ne la connaissent pas, digne d'une folle ou encore ayant perdu l'esprit. Courant, hurlant, riant comme une démente, sautant en tout sens... Une vraie furie à ses heures!
Et à mieux y penser, même pour ceux la connaissant!!!

En revanche, elle peut faire preuve d'une loyauté sans égal et d'un courage sans faille lorsque l'on rentre dans le cercle très fermé de ses amis. Chose assez rare car elle donne assez difficilement sa confiance à ceux qui l'entourent. Et malgré tout cela, le sujet des richesses reste toujours un problème qui que vous pourriez être pour elle.
Une fâcheuse habitude qu'elle possède, peut parfois quelque peu rebuter son entourage. Elle ne peut s'empêcher de mordre quiconque la mettra en colère ou tentera de la voler, ce dernier acte pouvant l’entraîner dans une folie dévastatrice.

Soenn aime aussi à fomenter tout un tas de plans farfelus quelque soit le sujet ou le résultat, un sourire malsain voir dément apparaissant à ses lèvres dans ces moments là.
Sur un plan plus professionnel, elle est extrêmement appliquée et sérieuse lorsqu'il s'agit de fabriquer des objets, armes ou armures. Pouvant passer des jours entiers dans son atelier, coupée du monde, à concevoir ses créations. Bien que sa préférence aille à des créations qui pourront surprendre et laisser la personne les découvrant dans une perplexité sans réponse.

Mais depuis peu, elle s'applique également à apprendre comment récolter les matières premières dont elle a besoin, trouvant le service des autres nains bien trop lent et surtout bien trop cher à son goût.
Son impatience à attendre qu'on lui apporte ses commandes sont parfois assez burlesque, la voyant jeter des outils ou des morceaux de nourriture à celui qui la livrera avec trop de retard ou pire repartant les jambes à son cou avec une morsure profonde dans le bras!
Voilà donc qui est Soenn Drazhkarak!



Petite particularité, Soenn porte à la ceinture une multitude de clés montées sur un trousseau et un assortiment de divers sifflets à animaux dans son sac.
Certains auraient dit voir quelque tatouage à la base de sa nuque mais gare à celui qui voudra s'en assurer.
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Gaby'elle
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Introduction

Message par Gaby'elle le Mar 13 Déc - 14:29

Ami lecteur, vous voilà à suivre votre narrateur dans les méandres d'un vieil escalier en colimaçon, d'où des plaques d'enduit se décollent menaçant de vous tomber dessus, descendant dans un sombre couloir où règne les ténèbres.

Une lourde porte de chêne marquée par le temps et rehaussée de dorures cuivrées en arabesque se trouve au bout de celui ci, entrouverte laissant filtrer faiblement une lueur de lanterne... Guide lumineux dans cette noirceur oppressante.

Mais montrons-nous un peu curieux, voulez vous? Et jetons un regard discret à la scène quelque peu étrange et à la fois amusante que cache tout ceci.




Regardez! Dans cette pièce, dissimulée aux importuns et qui semble de premier abord une cave aménagée. En son centre une immense table, ou plutôt un bureau de bois noir est recouvert de divers papiers froissés et parchemins roulés. Au milieu de ce tumulte, un candélabre luit de toutes ses flammes tentant de donner l'illusion d'une clarté solaire au lieu.
Malgré tout, il permet de voir au fond de la pièce la silhouette sombre d'une personne qui semble de dos. A mieux y regarder, on peut reconnaître une femme de petite taille à la longue chevelure prune et qui semble bien occupée par ce qui se trame par devant elle.

Une fois notre regard habitué à la pénombre, nous pouvons voir que sur le mur faisant face à notre intrigant personnage, se trouve une tapisserie relatant d'un épique et ancien combat. Son attention est toute dévouée à cette fresque pittoresque comme si elle se recueillait mais alors que la bien séance nous intime de la laisser, un mouvement réveille tout notre intérêt.

Toujours face au mur, notre amie lointaine se permet un regard furtif vers l'arrière de la pièce avant de revenir à sa contemplation. Cela dure quelques minutes puis elle réitère son acte. De toute évidence, elle semble s'assurer d'être bien seule.
Une fois certaine que personne ne viendra la déranger, elle soulève sous nos yeux ébahis et curieux la si énigmatique tenture laissant apparaître à la vue de tous, dissimulé, un coffre fort encastré dans le mur.
Un nouveau coup d'œil furtif puis elle ouvre la lourde porte de métal, celle ci grinçant de tous ses gonds. La procédure terminée, elle observe un moment son contenu avant de venir y recueillir un vieux et volumineux manuscrit, un ensemble crasseux de parchemins et une bourse de cuir sombre à la taille relativement conséquente pour inspirer un intérêt tout particulier.

Une fois ce trésor en sa possession, nous pouvons la voir revenir au bureau toujours impassible et y déposer son encombrant butin et sauter d'un bond gracieux du sol au confortable fauteuil se trouvant là, un air hautain, en attente d'un séant.
Pendant un long moment, la naine parcoure des yeux les lignes de son livre, s'instruisant de son contenu qu'elle semble connaitre par cœur, son doigt suivant chaque mot avec application. De temps à autre, elle relève le nez de sa lecture pour chercher quelques papiers ou parchemins étalés là, prenant connaissance de son contenu avant de le délaisser et de revenir à son passionnant ouvrage.

D'une main leste elle prend une plume, encore dissimulée à nous jusque là, pour y apposer quelques annotations ici et là. Son labeur fait, un large sourire aux lèvres, elle repousse le vieux livre vers le centre du bureau.
Une nouvelle tâche l'attend à présent et elle semble l'enthousiasmer. Une main attrape sa bourse et la tire de par devant elle avant de l'ouvrir en grand laissant voir une multitude de pièces d'or. Une à une elle les compte, les sortant de leur étui et les empilant en de petits monticules bien droit.
C'est d'une patience infinie que nous pouvons l'observer à cet étrange rituel qui semble ne plus vouloir trouver de fin.
Mais nous pouvons voir un léger changement de par l'apparition d'une lueur énigmatique et presque effrayante dans son regard.



Mes amis...... Je vous présente Dame Soenn Drazhkarak, maître forgeron officiant au village des nains dans le nord de notre territoire et sujet de l'histoire que je vous conterai en cette soirée.
Ne vous laissez pas abuser par son air enjôleur et sa jeunesse apparente car ce n'est point un ange que vous avez là mais le visage même de la folie faite femme si je puis dire. Un personnage pour qui l'or et la richesse ont plus de valeur qu'une vie.

Je vous narrerai comment un esprit dérangé peut avancer, évoluer et se faire sa place dans notre monde...... Une histoire où se mêleront amour, tragédie, folie et destruction.

Mais laissez moi commencer par le début de ce conte qui ne laissait en rien présager ce que serait l'avenir d'une petite fille née sous l'augure de la lune...





Dernière édition par Gaby'elle le Mar 13 Déc - 14:48, édité 2 fois
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Conception

Message par Gaby'elle le Mar 13 Déc - 14:46


Toute cette histoire commença il y a de cela cent cinquante deux années par une nuit glaciale d'hiver où une mère de naissance naine mettait seule au monde son enfant dans une vieille et effrayante mansarde délabrée perdue au fin fond d'une sombre forêt avec pour unique témoin les froids rayons de la lune.

Ce que cette pauvre malheureuse était venue faire sur ces chemins solitaires en pleine nuit resterait surement à jamais un mystère mais la providence avait joué contre elle et la douleur de la naissance à venir l'avait prise soudainement, la clouant presque au sol et l'obligeant à trouver refuge dans une cabane à l'abandon se trouvant sur sa route à l'autre bout du territoire de son peuple.
Deux ballots de paille avaient été oubliés durant la saison chaude et cela en fit bien son bonheur car elle s'en servit tant bien que mal pour s'en faire une couche de fortune avant de s'y installer toujours sous le coup de la douleur grandissante en elle.




Le calme nocturne qui régnait fut perturbé outrageusement par les cris et les râles de souffrance de la future mère qui pria Maphr de lui venir en aide et de la guider dans ses gestes. Elle trouva enfin la délivrance de longues heures plus tard, juste avant l'aube.
Dans ses bras se trouvait à présent une petite forme rose pâle, toute fripée et emmaillotée dans un morceau de son châle.
Les hurlements stridents du nouveau né percèrent, comme une déchirure, la sérénité de la nature endormie avant de s'éteindre au creux de sa mère.
C'est à l'aube, aux premiers rayons lumineux, que la nouvelle mère franchit les portes du village encore embrumé avant de s'effondrer dans les bras du premier garde qu'elle croisa et qui était posté là pour la nuit.
Surpris, il donna l'alerte afin de réunir quelques personnes pour lui donner assistance. La naine ne lâcha pas son précieux colis lorsqu'on la fit transporter rapidement dans la maison du médecin pour y trouver soins et repos.
On s'occupa d'elle dans la seconde et elle fut alitée. Après quelques heures de sommeil et une fois qu'elle fut restaurée, on vint lui présenter le fruit de cette pénible épreuve.
C'était une petite fille à la peau de porcelaine, quelques brins sur le crâne et les yeux encore bien fermés. Une nourrice avait été appelée pour la nourrir puis on l'avait lavée et habillée chaudement. A présent elle dormait profondément.
Ce qu'elle continua à faire durant ses premiers jours sous le tendre et bienveillant regard de sa mère, ne s'agitant que pour recevoir sa pitance.
Aucune famille ne vint prendre nouvelle de leur bien être car aucune famille il ne leur restait à toutes les deux. Le père de cet enfant avait péri il y a de cela plusieurs mois déjà dans un accident à la mine et avait ainsi laissé sa pauvre épouse livrée à elle même dans un avenir trouble et incertain.

Il restait malgré tout un grand père à ce qu'on disait, il vivait hors du village et jamais n'y mettait les pieds depuis de longues années. Et depuis longtemps également, la jeune mère avait coupé toute relation avec son père suite à son comportement des plus étranges et de terribles rumeurs qui avaient couru sur lui. Et pour rien en ce monde et celui d'après, elle ne lui aurait demandé assistance et soutien.
Chose qu'il n'avait en rien proposé non plus en apprenant les événements malheureux qui avaient jalonné la vie de son unique fille.



Ainsi la vie les avait réuni toutes les deux, elle et sa fille, pour avancer dans l'aventure mystérieuse qu'est l'existence.
Elle prit grand soin de son bébé les premiers jours et quand enfin les immenses yeux de celui ci s'ouvrirent, elle y plongea sans attendre son regard un long moment avant de déclarer dans la solitude de leur petit nid qu'elle se nommerait Soenn.

Mais ce qui avait commencé comme une belle histoire allait s'avérer bien plus tragique...
La joie et le bonheur qui avait tout d'abord envahit la vie de notre jeune naine du fait même d'être mère et qui avait rendu son univers aussi merveilleux qu'on pourrait se l'imaginer... Tout cela allait laisser place aux larmes, à la tristesse et à la noirceur de la dépression...
Alors que les premiers jours de cette nouvelle vie s'annonçaient heureux et sans nuage, les nuits blanches à répétition, les doutes naissants, les angoisses tapies dans les recoins de l'âme, la peur du lendemain, la fatigue s'accumulant et le poids des responsabilités à venir, tout cela pesait de plus en plus lourdement sur les épaules encore frêles de cette mère.

De longues heures à essayer de calmer les pleurs de son enfant sans y parvenir, à essayer de le nourrir sans qu'il refuse de nouveau ou encore d'en prendre soin sans lui faire mal... Tout cela avait eu au fur et à mesure raison de la santé mentale de cette femme.
Le courage et la force de son âme n'avait su résister et la solitude de son cœur n'avait su lui offrir une main secourable dans ce chaos...

Ainsi un matin, à la fin de l'hiver, alors que la nuit laissait place au jour et le froid à la douceur du printemps, des villageois avaient retrouvé la jeune mère errant dans les rues de la cité naine en chemise de nuit et les pieds nus dans la neige encore présente. Le regard dans le vide, parlant parfois seule, l'esprit perdu à jamais.
Elle était , qui plus est, totalement seule sans son enfant avec elle que l'on finit par retrouver dans sa demeure à même le sol dans la poussière, sale et pleurant à plein poumon.



Le Conseil des anciens du village se réunit pour parler de cette affaire et trouver que faire de cette malheureuse, une solution pour le bien être de tous. Tout le village était déjà au courant des faits et la rumeur de la folie de la naine fit vite le tour des environs.
Plus tranchant qu'une lame et plus rapide qu'une flèche, ainsi était la force des ragots et plus on en parlait et plus il prenait de l'ampleur et devenait grotesque.

Suite à de longues discussions fastidieuses, il fut décidé que la jeune femme serait recueillie par l'une des anciennes, jadis nourrice, pour veiller sur elle.
Mais une question se posait alors... Que faire de l'enfant?

La fillette ne pouvait pas rester avec sa mère car sa nouvelle tutrice était bien trop âgée pour s'occuper et de la mère et d'un enfant si jeune.
Une idée fut donc avancée, de la faire adopter par une famille du village ainsi elle grandirait chez elle parmi les siens et ses coutumes et elle pourrait également le cas échéant continuer de voir sa mère.

L'annonce de la recherche d'une famille d'accueil fit le tour du village et plusieurs familles se proposèrent. Le conseil se donna quelques jours de réflexion pour faire son choix au mieux pour l'enfant.
Une fois le délais passait, le conseil réunit tout les habitants de la cité naine dans le but de dévoiler leur décision à tous. Un long discours fut prononcé à cette occasion et alors que la nomination de la famille allait être proclamé, un vieux nain hirsute et malodorant fit son apparition au milieu de la foule de toutes ces bonnes gens.

Un silence de mort prit place, tout le monde reconnaissant la silhouette d'un être que personne ne croyait revoir un jour en ce lieu et qui provoqua un profond malaise sans qu'un mot ne fut prononcé ou un regard échangé.
D'une voix forte et gutturale, il proclama être l'aïeul de la fillette et la réclama de son droit de sang contre toute attente.
Elle était la chaire de sa chaire, sa descendante et de ce fait, le Conseil ne put que s'incliner.

Il y eut quelques protestations de la part des familles mais d'un seul regard noir, le nain fit taire ce début de révolte et personne n'aurait osé s'aventurer à rentrer en conflit ouvert avec cet homme.
C'est donc comme cela que le village signa le destin de Soenn, les mains tremblantes et le cœur lourd, ils la confièrent à son grand père pour ne plus la revoir avant longtemps...






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Evolution

Message par Gaby'elle le Mar 13 Déc - 15:03



Le cauchemar de cette perle d'innocence débuta donc ainsi, livrée à la volonté d'une créature qui n'avait plus grand chose de civilisé. Un animal sauvage qui n'inspirait qu'effroi et dégoût.
Il y a longtemps que le terrible Svengar n'avait côtoyé personne. Exclu par les siens, banni de chez lui et séparé de sa dernière famille, tout cela n'avait eu pour conséquence que de faire grandir sa haine et sa rancune.

Et aujourd'hui, il revenait là où le déshonneur l'avait frappé pour recueillir cette petite chose pâle aux yeux de feu. On lui avait volé tout ce pour quoi il avait vécu : son honneur, sa femme, sa fille, son travail, sa dignité et en ce jour il refusait que sa petite fille soit entre les mains de ces individus... Il en allait de sa fierté!

Mais personne n'aurait pu prévoir une telle réaction de sa part et ses raisons resteraient pour eux un mystère. Jamais il ne leur dévoilerait le fond de son âme ou de sa réflexion.
Qui des vieux souvenirs ou d'anciens remords guidaient ses agissements? Seul le vieux nain pouvait répondre à cette question mais il aurait été surprenant de voir quiconque lui demander des comptes ou lui en donner.



Quoi qu'il en soit, contre toute attente, Svengar prit grand soin de la fillette à l'abri des regards emplis de jugement ou de curiosité du village nain et elle grandit comme n'importe quel autre enfant malgré la rudesse de son cadre de vie et de l'ours qu'était son tuteur.

De là à dire que Soenn ressemblait à n'importe quelle autre fillette était tout à fait utopique et impensable.
Un exemple, depuis que sa bouche s'était remplie de tout un arsenal de dents acérés, elle avait pris pour sale habitude de mordre n'importe qui ou n'importe quoi qui avait l'audace de s'opposer à elle ou la mettre en colère. Jamais aucunes larmes sur son visage mais des cris et des râles de frustration et de rage.
Même le vieux nain était souvent la victime de ses morsures et devait presque à chaque fois lui pincer le nez pour lui couper la respiration et ainsi lui faire lâcher prise.
Une habitude qui malgré tout l'amusait beaucoup!



Soenn grandissait de plus en plus et il arriva le moment où son éducation devait être discuté. Son aïeul savait qu'il lui faudrait avoir de solides connaissances sur différents sujets pour évoluer dans ce monde mais retourner au village était hors de question donc il fallait réfléchir à une autre solution.
C'est donc ainsi que Svengar devint tuteur et professeur.

La fillette s'avéra être très intelligente et avoir qui plus est des prédispositions pour les chiffres mais elle aimait aussi lire et avait la chance d'avoir accès à une bibliothèque bien fournie, trésor de son grand père et héritage de feu sa grand mère.
Les histoires qu'elle lisait la transportaient à chaque fois dans des univers incroyables, des aventures surprenantes et des personnes charismatiques. Son imagination l'emmenait à leurs côtés partager les mêmes dangers, les mêmes joies mais surtout les mêmes récompenses.
C'est à cette époque que Soenn développa une grande passion pour les objets de valeur trouvant son summum dans l'or. C'est aussi à ce moment qu'elle commença à monter des plans pour planquer ses objets précieux mais surtout à chaparder ce qu'elle convoitait sans l'accord du propriétaire original.
Chose qui lui attira de nombreuses punitions et corrections de la part de son grand père. Mais rien ne l'arrêta pour autant, et elle mit plus d'application encore à dérober ce qui lui faisait briller les yeux.

Elle apprit à feinter avec art et adresse mais surtout mentir était devenu une seconde nature malgré que son adversaire n'était pas tombé de la dernière pluie et qu'il voyait clair dans son jeu bien que parfois Soenn arrivait tant bien que mal à avoir le dessus.
De ce fait, elle avait aussi appris à survivre en extérieur car quand ses plans étaient victorieux, elle disparaissait pour quelques jours dans la forêt loin du courroux du vieux nain.



Le comportement de la fillette n'avait rien à voir avec celui d'une enfant sage et plus elle prenait en âge, et plus ses défauts prenaient de l'importance. Sa folie des trésors la poussait toujours plus loin dans les traquenards et les conséquences devenaient elles aussi de plus en plus cuisantes.
Mais comment lui en vouloir auraient dit certains, lorsqu'on savait avec qui elle vivait.

Ces gens là de toute évidence ne connaissaient en rien la jeune naine car la malice et la perfidie de Soenn étaient bien le fruit de son propre bon vouloir et personne ne l'y avait jamais poussé. Elle trouvait cela très gratifiant voir amusant. Ses plans se faisaient de plus en plus complexes, précis et astucieux au grand damne de Svengar alors qu'elle se languissait de pouvoir un jour les tester sur de nouvelles personnes pour les améliorer.



Soenn n'avait encore jamais touché une arme ou même forgé quoi que ce soit mais alors qu'elle allait bientôt rentrer dans une nouvelle phase de sa vie, son esprit était vif et bien affûté... Tout autant que ses dents!!

Elle avait jusqu'alors vécu dans l'oisiveté et le plaisir de se laisser vivre entre ses histoires et ses rapts mais il lui fallait encore grandir et apprendre les lois qui dirigeaient ce monde mais surtout comment survivre et se faire sa place.
Svengar allait lui apprendre et il ne comptait pas prendre de gants. Il lui apprendrait son art, l'art de la forge. Il ferait d'elle un maître artisan, lui confiant tout son savoir et ses secrets afin de faire perdurer son nom et surtout son œuvre. Il la guiderait jusqu'au sommet de sa gloire car c'est ainsi qu'il l'avait décidé.
Mais tout cela était sans compter sur le caractère bien trempé de la jeune naine et sa volonté constante à vouloir aller à contre courant.

Lentement, le destin de Soenn se traçait sans avoir encore par quel chemin il se profilerait...




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Initiation

Message par Gaby'elle le Mar 13 Déc - 15:17



Le temps de l'enfance prenait fin pour faire place aux choses sérieuses des grandes personnes. Choses qui pour l'heure n'avaient aucune place dans les pensées de Soenn.
Mais le vieux nain avec qui elle vivait, avait aussi mauvais caractère et était aussi têtu qu'elle pouvait l'être. Il y eut donc de longues négociations, des cris, des morsures, des objets lancés mais le vieillard eut raison de sa petite fille et elle se retrouva presque enchaînée à un bureau devant un très vieux livre couvert de poussière et épais comme cinq autres.



Il avait été décidé que les leçons commenceraient par la fastidieuse théorie.

Cette période eut quelque chose de burlesque. Chaque jour Soenn se levait de mauvaise humeur et tentait de monter des plans d'évasion afin d'échapper à son apprentissage quelque peu forcé...
Et chaque jour, Svengar déjouait l'imagination de la naine pour la mettre devant ses livres.
Durant des mois ce schéma se joua comme une pièce de théâtre devant les murs impassibles de la maison perdue dans les bois.

Malgré sa mauvaise volonté, Soenn apprenait les bases de la fabrication naine. Les matières nécessaires pour telle ou telle chose, le bon degré de fusion selon le métal utilisé, comment marteler pour obtenir certaines formes ou encore comment s'assurer de la qualité de son œuvre.
Toutes ces informations se faisaient petit à petit une place dans l'esprit de l'intrépide naine, lui apportant un savoir dont elle ne mesurait pas encore la valeur.



En revanche, une chose avait su trouver grâce à ses yeux au milieu de tous ces manuscrits théoriques, celui qui indiquait comment évaluer le prix d'une œuvre forgée. La perspective de l'argent qu'elle pourrait se faire et en plus honnêtement attisa l'intérêt de Soenn pour ce laborieux enseignement.

A partir de cet instant, elle mit un soin tout particulier à ses études sous l'œil ravi mais pas dupe de son aïeul. Elle passa de très, très longues heures à lire ces écrits, à faire des calculs, à simuler des situations. Notant chacune de ses expériences avec minutie dans un carnet qu'elle ne laissait voir à personne bien qu'il n'était que deux. Elle n'avait aucune confiance en ce vieux nain et elle ne manquait pas d'une occasion pour le lui prouver, continuant de cacher toutes ses trouvailles aussi bien des objets que ses pensées sur le sujet de la forge.

Il tenta au début de trouver ses carnets pour lire ce qu'elle pouvait bien y écrire durant tout ce temps mais devant son incapacité à mettre la main dessus, il finit par faire une croix dessus et continua de l'observer de loin.



Quand Svengar estima que sa jeune élève était prête, ils s'engagèrent tous deux dans une nouvelle étape de cette transmission de savoir : la pratique!

Cela faisait un certain temps que Soenn trépignait et tannait son grand père pour qu'il la laisse entrer et prendre possession de l'atelier de forge adjacent à la maison, fournissant à chaque fois tout un tas d'arguments plus ou moins bien choisis. Jusqu'alors, il s'y était toujours farouchement opposé prétextant qu'elle devait mériter cet honneur et qu'elle devait posséder l'esprit de la forge mais les choses devaient changer et évoluer.



Ainsi arriva la première leçon pratique...

Un vacarme retentit toute la journée, mélange de cris, de bruits de marteau et d'objets brisés. L'air fut empli de fumée et d'odeur de brûlé.
Quand la nuit prit possession des lieux, on put voir sortir de l'atelier les deux nains visiblement fourbus par le labeur de leur travail. Soenn était couverte de suie, les couettes dans tous les sens mais un large sourire de satisfaction malgré la fatigue.

A son contraire, Svengar était renfrogné, boitant et la barbe encore fumante et ravagée par un brasier récent. Une première journée haute en émotion pourrait-on dire!!
Le lendemain ressembla en tous points au premier et les jours qui suivirent également. Chaque fois Soenn semblait ravie alors que son grand père fulminait mais comme à son habitude elle n'en avait cure.

Les jours devinrent des semaines, les semaines des mois puis les mois des années. Soenn avait beaucoup progressé même si elle avait développé un art tout à fait nouveau et pourrait-on dire tout à son image.
Dans les premiers temps, Svengar s'était arraché les cheveux pour la faire travailler dans le bon sens qui était celui de tous les forgerons mais quand il finit par admettre que sa méthode valait la leur et que le résultat était satisfaisant, il plia et laissa Soenn faire comme elle l'entendait. Elle n'en était pas peu fière et prenait un malin plaisir à le lui rappeler en permanence.



Avec le temps, la jeune naine prit pour habitude de travailler totalement seule et au delà de la nuit. Lentement, l'atelier se remplissait de tout un tas de choses utiles ou inutiles. Des armes, armures, objet de la vie courante, essais, inventions farfelues...

Là où l'ordre et la méthode avaient régné, il ne restait plus que le chaos. Des plans dans tous les sens, les outils rangeaient dans des endroits aléatoires, des bûches pour le four traînant ici et là. Soenn s'était totalement appropriée les lieux ce qui au départ avait causé des conflits houleux et qui finalement était devenu un fait accompli.

Mais le temps avait bien passé et Soenn n'était plus une fillette et son talent avait depuis longtemps dépassé celui de son maître.
L'heure approchait où elle s'en irait pour découvrir le monde, apprendre de nouvelles techniques mais surtout faire fortune et entasser dans un lieu secret un nouveau trésor.
Svengar en était conscient mais c'était pour cela qu'il l'avait formé et avait eu pitié d'elle. La solitude et le calme de sa demeure lui manquait...
Enfin c'est ce qu'il disait cachant son visage d'un œil inquisiteur, ne laissant personne lire son âme...
Une nouvelle barrière se levait entre Soenn et son destin, l'oiseau allait quitter le nid pour prendre son envol laissant tout derrière lui...




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Immersion

Message par Gaby'elle le Mar 13 Déc - 15:29



Cela faisait plusieurs mois maintenant que Soenn préparait son départ, emballant avec soin les matières dont elle aurait besoin, fourrant négligemment dans une caisse tout un tas d'outils et n'oubliant pas ses effets personnels y compris son butin bien caché.

Elle avait trouvé une carte, il y a quelques temps, indiquant son village natal ainsi que plusieurs autres cités et s'était décidé assez rapidement pour monter son premier vrai atelier entre les remparts de son peuple pour aviser de la suite plus tard.
Elle avait soumis son projet à Svengar qui n'avait sur le coup eu aucune réaction et après tout elle n'attendait pas son consentement. Elle le savait peu enclin à parler du passé mais plus encore connaissait son aversion pour l'endroit.


Ainsi en était-elle à ses préparatifs, relativement excitée, quand son aïeul se décida à lui parler. Il ne s'étendit pas en sentiment ou émotion, chose usuelle chez lui, mais fit quelques recommandations en particulier sur les villageois. Il offrit à sa petite fille une bourse bien remplie et s'en retourna à ses occupations.
La réaction du vieux bouc amusa Soenn mais elle n'en perdit pas un mot, prudence est mère de sûreté comme on disait.

Et le lendemain, peu après l'aube, elle prit la route accompagnée de sa petite charrette à bras.
Le chemin n'avait rien de passionnant, le paysage toujours identique défilait sous ses yeux et l'ennuie l'accablait au point de lui arracher de bruyants bâillements.
Deux jours entiers s'écoulèrent avant que la naine n'atteigne le village, sans parler de cette nuit sommaire et inconfortable qui avait rongé son humeur.



C'est donc fatiguée et bougonne que notre amie se présenta à l'entrée de la cité naine. Son premier contact fut bien sur le garde en poste, quelque peu surpris, qui l'interrogea sur le motif de sa venue en leurs terres.

Ensuite, on l'emmena de personne en personne, lui faisant répéter chaque fois sa petite histoire ce qui eut pour effet de l'excéder au point qu'elle attrapa le nain suivant par le col, le secouant, montrant les crocs et menaçant de tout casser si on la faisait une fois de plus raconter le pourquoi du comment.
Et c'est comme cela que Soenn passa une nuit inconfortable de plus dans les geôles du village pour l'agression caractérisée sur un membre du Conseil des anciens...

On peut dire que son arrivée parmi les siens fut assez fracassante. Et dés le lendemain tout le monde était au courant que la fille Drazhkarak était de retour.



C'est l'homme qu'elle avait attaqué la veille qui vint la chercher en prison, l'air neutre et serein avant d'avoir une longue discussion avec Soenn. Ce qui se dit entre eux ne fut dévoilé par quiconque, restant au secret des deux protagonistes.

Une fois leur échange terminé, il la guida jusqu'à la demeure, jadis, de sa famille depuis longtemps délaissée aux affres du temps et des intempéries.
Elle trouva donc, à son grand regret de la perspective des travaux à faire, quatre murs délabrés, un toit parsemé de trous et un intérieur quelque peu moisi et ravagé. De toute évidence personne n'avait jugé bon d'entretenir l'endroit et Soenn passa plus de deux semaines à faire du rangement et restaurer au mieux les murs et le plancher. Elle avait rendu les lieux vivables bien que la toiture posa toujours problème.

La maison possédait à sa grande joie une petite grange adjacente qui fut vite transformée en atelier mais il faudrait dans les plus bref délais y construire le four pour la forge manquant.



Soenn vit une partie substantielle de son or partir dans les matériaux de reconstruction non sans mauvaise humeur. Chaque pièce dont elle devait se séparer était un véritable crève cœur à la limite de lui arracher une larme comme si cela avait été une personne chère.

Mais au bout de trois mois la maison avait repris vie et belle allure et l'atelier était prêt à rentrer en branle. La naine avait enfin son chez elle à son image!
Les relations entre la nouvelle arrivante et ses voisins s'étaient aussi améliorées, ayant prit le partie de se montrer plus sociable et agréable, tout du moins en apparence.
Et après un certain temps, elle était presque adoptée de tous. Nombre de gens curieux étaient venus la questionner sur sa vie avec Svengar mais elle était toujours restée vague ne répondant que partiellement.

Cependant, cet intérêt pour sa personne lui permit de savoir ce qu'on reprochait à son aïeul qui avait évité de répondre à chaque fois.
C'est de meurtre dont il était accusé!!...

D'après la rumeur, il avait assassiné sa propre femme sans pour autant que personne ne puisse jamais le prouver. Elle était morte dans des circonstances étranges avec pour seul témoin son époux dont les explications, en état de choc, semblaient confuses et incohérentes. Voilà d'où était née cette histoire.
Les attaques de culpabilité avaient été telles que cela avait finalement eu raison de la réputation du forgeron, sur la confiance de sa clientèle et son intégration dans le village.

Montré du doigt, lynché oralement et rabroué publiquement, Svengar avait fini par partir loin de tous. Soenn pensa longuement à ces accusations mais personne ne put savoir le résultat de sa réflexion.



Le fait est que la naine fut intégrée et appréciée dans le village bien que ses colères restaient craintes. Il lui arrivait assez souvent de se retrouver au milieu des bagarres et de finir ses nuits en geôle.
Elle avait su se faire sa place parmi son peuple même si une partie d'elle était totalement fausse, son plan était une réussite.
Et pour ceux qui se demanderaient si elle avait pris la peine d'aller prendre nouvelle de sa mère et bien non, cette perspective ne rentrait pas dans les objectifs que Soenn s'était fixée.

Les choses se profilaient comme elle le désirait et s'encombrer d'une charge émotionnelle négative était inutile. De plus, comme à son habitude, elle n'avait cure de ce qu'on pouvait penser d'elle et saurait se justifier si cela en valait la peine.



Un cœur de pierre dans un joli écrin cache parfois une noirceur d'âme plus terrible encore...

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Message par Gaby'elle le Mar 13 Déc - 15:30


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en attendant la suite.

Message par Zélos le Mer 14 Déc - 0:23

Très agréable à lire et intéressant, j'attends la suite avec impatience, j'aime les personnalité complexe a joué Smile.
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Re: Soenn Drazhkarak

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